Journal: Aurore Jacob at the first National Playwrights Meeting (France)

French playwright Aurore Jacob took part at the first National Playwrights Meeting with all the French authors selected and all the Fabulamundi’s partners.
The meeting took place on 20th and 21st September.

Here we publish a journal written by the author.

Presque un mois déjà que je vous ai rencontré, tous, parce qu’il s’agit avant tout d’une rencontre. Presque un mois et je n’ai toujours pas trouvé l’angle pour raconter ces deux jours intenses.
Pas un compte-rendu, non, parce que ce serait dire que le projet est déjà derrière.
Je change d’angle pour revenir sur mes sensations et mon imaginaire qui a continué à travailler.
Je vais essayer de partager mes impressions sur ces deux jours pour continuer à rêver ensemble.
En tant qu’auteure, je suis assez discrète, je n’arrive pas à me mettre en avant, à « me vendre », comme je l’ai évoqué à plusieurs reprises. Parce que c’est une question récurrente aujourd’hui dans la création : savoir se vendre. Qui n’est pas visible, ostensiblement, n’existe pas. Qui ne sait pas promouvoir son travail, avec une voix parfaitement calibrée et un message clair, n’est pas entendu.
Du moins, c’est mon impression parfois.
C’est ce dont j’avais peur avant de commencer ces deux jours : ne pas réussir à comprendre ce qu’on attendait de moi, ne pas réussir à me mettre en avant et à « me vendre ». Je sais que c’est un rapport à la création qui existe, qui est parfois essentiel – comme nous l’a rappelé la magnifique vidéo britannique – mais qui me tétanise.
Cette peur s’est envolée au fil des heures. J’ai entendu les voix des « partenaires » qui sont parfois également auteurs, artistes, et qui ont tous en commun la volonté de pouvoir créer ensemble. La forme un peu institutionnelle au début, s’est assouplie pour laisser émerger des personnes, derrière les structures partenaires.
J’ai trouvé essentielle cette rencontre au-delà des paroles plus officielles de présentation (aussi bien chez les auteurs que chez les représentants des différents pays de Fabulamundi).
Des questions sur comment faire ensemble ont pu émerger? Des interrogations pour comprendre les particularités de l’autre, ses centre d’intérêt et comment pouvoir entrer en résonance avec elles se sont esquissées.
J’aurais peut-être eu envie qu’on me parle plus précisément d’une représentation/d’un texte qui a touché chacun des interlocuteurs et pourquoi cette représentation, au milieu des autres de toutes les autres de la programmation du théâtre, pour comprendre leur sensibilité et celle de la structure. J’aurais aimé entendre plus parler de l’écriture contemporaine dans certains pays, dont je ne connais pas ou mal le rapport au théâtre et aux pièces en train de s’inventer. Même si j’ai posé des questions sur ces sujets, dans les moments plus informels, j’ai trouvé ces temps d’échanges trop brefs.
Deux jours c’est court pour imaginer des projets en commun. Il faudrait peut-être un moyen pour garder le lien, mais c’est justement de ça dont on parle. Comment imaginer un partenariat sur le long terme? Comment une structure et un auteur pourront inventer leur relation? Comment les contraintes de la productions peuvent être des tremplins pour changer ses habitudes? Comment ces entrevues peuvent continuer à nourrir l’imaginaire et changer le rapport à la création?
Trente minutes d’entretien passent trop vite pour comprendre qui est l’autre en face et commencer à esquisser un projet, sans tomber dans l’efficacité. Peut-être que ce n’est pas – encore – l’enjeu de ces deux jours. Peut-être qu’il s’agit d’affinité, de curiosité et que le reste suivra.
C’est sans doute ce qui est beau dans le projet de Fabulamundi : avoir un cadre dans lequel tout est possible.

Aurore Jacob

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