Guillaume Poix

Écrire ou vagabonder, c’est un peu la même chose pour moi. À partir d’un fait, d’un territoire, d’une phrase, je rêve, je fantasme, je délire un peu, ce qui me donne une sorte d’arcature mentale. Puis je me documente plus précisément sur le phénomène que j’ai entrepris d’examiner par l’écriture. J’amasse des données, un certain savoir (toujours lacunaire), je visionne des documentaires dédiés s’il y en a, je regarde des photographies, je lis des articles et je me plonge dans une littérature que j’imagine proche ou parente, soit par le thème, soit par le style. Une fois que tout ce temps a passé, et il en faut tellement, j’essaie d’écrire. C’est là que les problèmes s’accumulent. C’est là que tout commence – le vrai vagabondage.

Né en 1986, Guillaume Poix est auteur et metteur en scène. En 2014, il publie un premier texte de théâtre aux éditions Théâtrales, Straight, sélectionné au festival Regards croisés, lauréat de l’aide à la création des textes dramatiques du CNT et prix des Journées de Lyon des auteurs de théâtre en 2014, prix Godot des lycéens et prix Sony Labou Tansi des lycéens en 2016. Il est aussi l’auteur de Wave (commande de l’Institut français de Cotonou où le texte est joué en 2015), Waste (coup de cœur du comité de lecture de L’Apostrophe – Scène nationale de Cergy-Pontoise et créé par Johanny Bert au Poche/GVE en 2016), Et le ciel est par terre (lauréat de l’aide à la création des textes dramatiques du CNT, sélectionné par le bureau des lecteurs de la Comédie-Française et lu à la Mousson d’été en 2016, lauréat de Scenic Youth – prix des lycéens pour les nouvelles écritures de théâtre de la Comédie de Béthune – Centre dramatique national des Hauts-de-France et retenu par France Culture en 2017) et Tout entière (qu’il met en scène en 2016 au Préau – Centre dramatique régional de Normandie-Vire). Il est dramaturge associé du théâtre genevois Poche/GVE en 2015-2016. Il travaille avec Christian et François Ben Aïm et Ibrahim Maalouf à l’écriture d’une partition chorégraphique, Brûlent nos cœurs insoumis, créée en 2017 à La Garance – Scène nationale de Cavaillon. La même année, il met en scène avec Pauline Sales WIP (quatre textes écrits par Roland Schimmelpfennig, Vincent Farasse, Pauline Peyrade et lui-même) à la Comédie de Saint-Étienne – Centre dramatique national.

Son premier roman, Les fils conducteurs, paraît en août 2017 aux éditions Verticales.

Bibliographie :

Straight (éditions Théâtrales, 2014, 2015)
Tout entière / Et le ciel est par terre (éditions Théâtrales, 2017)
Les fils conducteurs (éditions Verticales, 2017)
Waste (Scène n°20, 2017)

Waste

À Agbogbloshie, au Ghana, plus de 3000 personnes vivent et travaillent dans une décharge à ciel ouvert qui a la particularité de concentrer la majeure partie des déchets électroniques de la planète. Chaque semaine, des centaines de tonnes de smartphones, ordinateurs et tablettes usagées provenant d’Europe ou des États-Unis, échouent par cargo dans ce lieu cauchemardesque. Jacob a 13 ans. Il est initié par deux amis, Isaac et Moïse pour pratiquer la « fouille » sur cette gigantesque bosse qui exhale fumées toxiques et effluves de métaux lourds. Pris dans les trafics de toute nature qui alimentent un commerce misérable, Jacob, trop adulte et trop enfant, arpente cette montagne insalubre où tout, même la langue, est souillée, pour trouver un peu d’air et de vie.

8 personnages (7 hommes / 1 femme)

Et le ciel est par terre

Dans un quartier voué à la démolition, une famille (la mère, son fils et ses deux filles) affronte la perte d’êtres chers. Les saisons passent, il faut vivre et se reconstruire ensemble: quand tout autour s’apprête à disparaître, les secrets eux aussi s’effritent, les êtres ploient mais leurs mots s’aiguisent. On ne sait plus s’aimer qu’en luttant les uns contre les autres. Dans ce huis-clos à l’humour acide, les frontières de l’intimité sont sans cesse abolies, le monde au-dehors fait peur et la seule force qui sauve semble être le déni.

4 personnages (3 femmes / 1 homme)

Straight
Personnages : 7 femmes – 5 hommes
L’Afrique du Sud a longtemps été mise au ban dumonde, du fait de l’apartheid. Mais lorsque ce systèmeségrégationniste a pris fin, Nelson Mandela, le militantdevenu président, a œuvré à la grande réconciliationde la «nation arc-en-ciel».Malgré cela, une extrême violence continue à régnerdans le pays et s’exerce notamment contre les femmes.Parmi elles, les homosexuelles, qui ont pourtant accèsau mariage depuis 2006, sont victimes d’une pratiqueendémique : « le viol correctif », souvent accompagnéde torture et de meurtre. Ces actes seraient commis,selon les violeurs, dans une perspective de rééducation,pour remettre leurs victimes dans le «droit chemin». Straightplonge dans cette histoire récente : par unestructure faite de flash-back, la pièce montre en parallèle ungroupe d’activistes lesbiennes préparant un happeninglors de la Coupe du Monde de football de 2010, leparcours de vie de chacune d’entre elles, et le procèsd’un de leurs violeurs.

Waste
Personnages : 1 femme – 7 hommes
À Agbogbloshie, au Ghana, plus de 3000 personnes vivent et travaillent dans une décharge à ciel ouvert qui a la particularité de concentrer la majeure partie des déchets numériques de la planète. Chaque semaine, des centaines de tonnes de smartphones, ordinateurs et tablettes usagées provenant d’Europe ou des États-Unis, échouent par cargo dans ce lieu cauchemardesque. Jacob a 13 ans. Il est initié par deux amis, Isaac et Moïse pour pratiquer la « fouille » sur cette gigantesque bosse qui fume et exhale métaux et fumées toxiques. Pris dans les trafics de toute nature qui alimentent un commerce misérable, Jacob, trop adulte et trop enfant, arpente cette montagne insalubre où tout, même la langue, est souillé, pour trouver un peu d’air et de vie.

Eau Forte
Dans le quartier rouge d’Amsterdam, au bord des canaux, Linda s’est mise en vitrine pour vendre son corps. Un jour, elle recueille Julia, jeune femme étrange et brusque, à qui elle se propose d’apprendre le « métier ». S’apprivoisant l’une l’autre, Linda et Julia vont s’unir pour le travail et s’inventer une vie commune, protégée des assauts de la ville. Car derrière la vitrine, c’est tout autant les corps empressés que l’appel de l’eau qu’il faut combattre.