Lucie Depauw

Après des études cinématographiques, j’ai commencé à écrire des envies de cinéma…mais la langue a choisi son terrain de jeu, de chasse, la liberté, le théâtre, la possibilité des multiples formes de la parole…intime, projetée à la face, créer du poétique du prosaîque du grinçant, j’aime travailler sur le point de bascule des personnages des situations quand ça dérape que ça frise l’absurde le monstrueux le décalé les identités troubles les mutations j’aime les voyages à contre sens. J’aime écrire pour le théâtre pour que se soit vivant organique, la chaleur et la sueur la chair fraîche, les afflux de globules, aller chercher le cœur des hommes l’arracher savoir ce il y a dedans…faire décoller l’imaginaire, rendre compte du monde d’aujourd’hui, créer une rencontre.

Fabulamundi involved Lucie Depauw in activities in Rome and Bucharest in 2015-2016 edition.

Lucie Depauw est née en 1978.
Elle a suivi des études cinématographiques et audiovisuelles.
Pour ses textes elle a reçu des bourses d’écriture de la fondation Beaumarchais SACD («Dancefloor memories» en 2009 ), des aides à la création du Centre National du Théâtre («Hymen» en 2011 «Lilli/HEINER» en 2012 «Sas,Théâtre d’opérations et suites cinq étoiles » en 2013 (également soutenu par une bourse d’écriture du Centre National du Livre.)
Elle a été lauréate des journées d’auteurs de Lyon en 2011 («Dancefloor memories») et finaliste du grand prix de littérature dramatique en 2015 avec « Lilli/HEINER »
La pièce Dancefloor memories a été créée au Studio Théâtre de la Comédie Française au printemps 2015 par Hervé Van Der Meulen et à l’automne 2016 par Didier Lastère (cie théâtre de l’éphémère). La pièce «Lilli/HEINER» a été crée en 2014 au Staatstheater de Mainz par Brit Bartkoviak, elle sera également crée au théâtre des Célestins de Lyon à l’automne 2017 (par Cécile Auxire-Marmouget / Christian Taponard) Elle a également été mise en ondes pour la radio France Culture par Cédric Aussir.
La pièce «Garden scene» a été crée par Francois Rancillac à l’occasion du festival de caves 2016.
Certains textes sont édités (Editions Solitaires intempestifs, Editions Koinè) et traduits dans plusieurs langues.
Elle travaille également comme assistante à la mise en scène dans l’audiovisuel depuis une quinzaine d’années.

JOHN DOE
Un pavillon idéal / Un couple / Idéal /
un soir/ Lui rentre du travail / Elle attend / a gardé le nourrisson /
la discussion dérape / dispute / rancœur / chacun rumine sa journée /
entre « baby blues » et «burn out» /
le lendemain matin à l’aube des gendarmes sonnent pour une perquisition…

C’est l’histoire d’un couple en crise, d’une traversée du désert….
C’est dans ce moment délicat que l’homme va faire imploser la routine en devenant, sous le pseudonyme de John Doe, lanceur d’alerte contre un cabinet d’audit et son implication dans des fraudes fiscales massives à travers les frontières.
Quand le paradis n’est plus que « fiscal », c’est la descente aux enfers d’un couple…et peut-être l’occasion de se retrouver…

c’est donc l’autopsie d’un couple et d’un scandale mais aussi une réflexion sur cette société où l’homme ordinaire devient le dernier rempart contre des scandales financiers éthiques etc….au péril de sa vie de couple, familiale, professionnelle car s’impose à un moment donné l’arbitrage, le choix : dans quelle société voulons nous vivre ? Et pourquoi l’homme ordinaire devient ce dernier rempart ? Qu’est -ce que cela révèle des maux de nos sociétés, de nos politiques, de nos démocraties…

RESUME DYPTIQUE : LANGUES DE FEU / LAMES DE FOND

LANGUES DE FEU
«Langues de feu» s’inspire du symbolisme du feu pour sa force, son énergie, sa cruauté. Du symbole qui génère les révolutions (l’auto-immolation de Tarek Mohamed Bouazizi à l’origine des soulèvements du printemps arabe) au désespoir d’une femme en « burn out » qui parle face au siège de sa société avec un bidon d’essence à la main … De la révolte intime à la protestation politique: c’est une danse de la mort qui frappe les esprits dans l’espace public, pour dénoncer l’inacceptable, l’indicible.
Quand les mots ne pourront plus dire, peut-être «la langue de feu» pourra-t-elle exprimer cette révolte; Un acte politique pour initier un changement, un espoir, un mouvement …

LAMES DE FOND
«Lames de fond» se cristallise autour de l’élément de l’eau: le feu des révolutions arabes s’est répandu, mais l’immense espoir laisse place au chaos; Un pays à feu et à sang, des milliers d’hommes se jettent à l’eau.

Heureusement la ministre (plutôt anti-immigration de Norvège) se jette aussi à l’eau pour nous expliquer ce que c’est que de vivre cette expérience (avant peut-être de rentrer tranquillement chez elle faire un spa avec une coupe de champagne …)
A travers ce portrait grotesque de communication politique, le portrait d’un homme migrant au milieu des vagues appelle son enfant.
L’homme est syrien (employé dans la conservation du patrimoine de Palmyre)
Il appelle un enfant (sa fille qui aime les poupées, qui veut faire de la natation synchronisée, qui aime les sirènes mais qui ne sait pas nager)

L’eau est un élément imprévisible entre flux et reflux, elle devient parfois tombeau.
«Lames de fond» raconte le mouvement d’une vague humaine qui gonfle et déferle sur l’Europe.
La traversée est turbulente; c’est le mouvement d’une impulsion.

Dancefloor Memories
3 voix qui se croisent (Tranche 70/80)
Et parfois bribes de musiques tango jazz et autres
Pierre / Marguerite / Gary
Trio amoureux du dernier âge
Infidélités / Au passé / Au futur / De la maladie / La mémoire / La mort
Dernière danse / Désirs / Sexe  / Vivre encore après tout / Encore
En cinq mouvements où s’entrecroisent dialogues et récits, deux hommes et une femme au soir de leur existence racontent, pour braver la vieillesse et la mémoire qui s’en va, la beauté de l’amour et du désir. Pierre atteint de la maladie d’Alzheimer oublie peu à peu, Marguerite devient la gardienne de sa mémoire et laisse peu à peu entrer un autre homme dans sa vie. Trio singulier, Gary, Pierre et Marguerite s’aiment et ont décidé d’affronter le temps et de jouir de la vie jusqu’au dernier moment.

Sas, théâtre d’opérations et suites cinq étoiles
Tout commence comme un plan drague dans un décor de carte postale à Chypre. Alice et Tom se rencontrent dans le bar lounge d’un hôtel cinq étoiles autour d’un « SAS de décompression», période de trois jours pour les soldats de retour d’opération extérieure, autrement dit: guerre. Elle est intervenante pour l’armée française, lui, reporter «d’après-guerre» américain. A travers leur rencontre et le déroulement des trois jours du SAS, c’est toute l’horreur et l’absurdité de la guerre, de l’Afghanistan au Mali, celles du passé ou du futur qui se révèlent et se déploient jusqu’à la France, où une femme de soldat redoute un coup de fil…

Lilli/Heiner intra muros
Lilli/HEINER intra muros raconte l’histoire d’une jeune fille Lilli qui n’aura pas le temps de devenir une femme, victime du dopage aux hormones masculines pratiqué en ex RDA. C’est un peu l’histoire de Lilli mais aussi celle d’HEINER peu à peu, les femmes qui traversent sa vie, sa jeunesse en tant que jeune fille, son premier amour Eilb, sa mère, et Magda (sa femme la mère de ces enfants). C’est l’histoire des déchirures de l’Allemagne, de Berlin par un mur, les déchirures des corps par les muscles, les frontières, les désirs et les genres…

February 2016

Lucie Depauw has been invited at PimOff (Milan – Italy) with her text « Dancefloor Memories ».