Constance de Saint Remy

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Écrire du théâtre m’a toujours semblé être la façon la plus concrète de rester proche de ce qui nous entoure et de rester proche des autres, perméable au monde, malgré l’isolement. Il y a une solitude nécessaire dans l’écriture. La FAB Community est une fenêtre sur ce qui fait l’écriture contemporaine et sur ce que le théâtre européen a à dire. Pour moi, faire partie de la FAB Community est l’occasion de partager une expérience artistique et humaine, à travers des programmes de formation, des séminaires et des tables rondes. C’est un espace pour échanger avec d’autres auteur·ices sur des sujets communs, de se rencontrer physiquement, mais aussi de s’entraider en en apprenant plus sur les différents dispositifs européens mettant en valeur l’écriture contemporaine ou la traduction. 

Constance de Saint Remy

Constance de Saint Remy est autrice, dramaturge et metteuse en scène. Après sa formation universitaire à la Sorbonne-Nouvelle, elle intègre la promotion VI de l’École du Nord, sous la direction de Christophe Rauck, dont elle sort diplômée en 2021. Sa pièce M. in China / Made in Marilyn est mise en maquette au Théâtre du Nord, par Mikaël Serre. Elle est aussi l’une des lauréates du dispositif Prémisses en 2021. Sa pièce pour le jeune public, D’où vient le nom des roses, est publiée en avril 2022 à l’École des Loisirs. Actuellement, elle travaille en tant que dramaturge, avec Timothée Lerolle, sur une adaptation de Lolita, ainsi qu’avec Guillaume Vincent pour sa prochaine création, Vertige (2001-2021). Elle met aussi en scène sa pièce, Lettre à une deuxième mère, interrogeant l’héritage de Simone de Beauvoir, et qui sera créée en mars 2023 au Théâtre de l’Athénée. 

LETTRE À UNE DEUXIÈME MÈRE

Dans un vieux bar jazzy, à l’heure de la fermeture, une actrice qui y travaille en tant que serveuse s’imagine écrire à Simone de Beauvoir. Elle aimerait apprendre à concilier ses convictions féministes et son quotidien de femme, s’apercevant que face à cette tension intime, ce conflit intérieur, elle s’oblige à faire des compromis. De cette lettre sans espoir de réponse va finalement naître un dialogue fantastique avec un héritage, un dialogue entre le récit d’apprentissage et la construction de soi.

“Dites-moi, Simone, comment on cesse d’être un objet ? Comment on se réapproprie nos corps quand il est si tentant de s’exposer sur les réseaux, si difficile de déplaire, quand la solitude est si pesante ou quand nos vêtements sont taillés pour des mannequins en vitrine et sans visage ? Pourquoi, aux cafés, les photos vous montrent surtout entourée d’hommes ? Est-ce que vous préfériez leur compagnie ? Vous laissaient-ils souvent la parole ? Comment vous imposiez-vous ? Aggraviez-vous votre voix pour mieux la faire entendre ? Attendiez-vous qu’ils finissent de parler pour en placer une ? Avez-vous eu l’impression de devoir prouver quoi que ce soit ? Etiez-vous virile ? Vous avez fait comment avec Sartre ?”  Réincarnée dans un corps masculin, celui du patron du bar qui vient d’avoir un accident, Simone de Beauvoir va rendre visite à l’Actrice pour tenter de répondre à ses questions. Mais au fil des échanges, on s’aperçoit que l’une a autant à apprendre que l’autre. L’Actrice ne sera pas la seule à sortir transformée de cette rencontre. 

 

MADE IN MARILYN 

2014, République des Tropiques. Une gigantesque statue de Marilyn Monroe mise à la décharge provoque la réminiscence d’une disparition que certains cherchent à oublier, d’autres à expliquer. Cette disparition a eu lieu en 1999 : c’est celle d’An la Fille. Elle avait 14 ans. Elle sortait avec Willy, un garçon de son âge. Elle s’imaginait partir aux États-Unis pour vivre le même destin que son idole, Marilyn Monroe. L’année de sa disparition, le frère, An le Fils naît. Le Père et La Mère lui ont toujours caché l’existence de sa sœur. À 14 ans, il va lui aussi découvrir Marilyn Monroe. Trois époques s’entremêlent : 2014, 1999 et 1962, année où Marilyn Monroe se suicide. Marilyn Monroe symbolise à la fois les ambitions déçues et les influences occidentales : l’American Way of Life, le capitalisme comme modèle économique dominant, les standards de beauté, les valeurs de l’Ouest… Et trouver Marilyn Monroe à la décharge, c’est un autre symbole : celui d’une chute, d’une déchéance, d’une désacralisation ou l’annonce d’un effondrement. La mondialisation peut-elle encore s’entendre comme une occidentalisation du monde ? La pièce questionne les mythes qui nous construisent face aux rêves qui nous détruisent. Elle raconte une tragédie familiale, une histoire de fantômes et de deuil impossible. 

 

D’OÙ VIENT LE NOM DES ROSES 

Dans un merveilleux pays, très bien ordonné, où chacun a une place précise, se trouve la Jardinerie, une haute et mystérieuse tour dont l’entrée est protégée par un labyrinthe. Chaque année un grand concours est organisé et le vainqueur aura l’honneur de donner son nom à une fleur. Il lui suffira de trouver l’entrée de la Jardinerie et donc de traverser le labyrinthe. Depuis toujours ce sont les fleuristes de la Roseraie qui gagnent. Cette année, Jade a toutes ses chances. Mais voilà qu’Adonis, un simple bûcheron, prétend lui aussi vouloir passer le concours. Impossible pour un bûcheron ! lui répondent Jade et le Maitre-fleuriste. C’est ce qu’on verra, leur répond Adonis.

Publiée à l’École des Loisirs, cette pièce est à destination du jeune public. 

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