Magali Mougel

“Le théâtre de Magali Mougel met d’abord en jeu des personnages harassés par les exigences des petites divinités irascibles du marché et du patriarcat. A chaque fois, c’est une entrée en guerre contre un même impératif : soyez économiquement, affectivement, sexuellement et socialement performants ! L’impératif est risible, alors on rit, mais on voit bien que le rire ne suffira pas : trop de pressions, trop de tensions, quelque chose va se rompre. La force des textes de Magali Mougel repose sur des personnages qui conservent une grande dignité, celle de leur langue : aucun naturalisme ou aucune moquerie dans leur bouche, mais une langue âpre qui pose et repose les questions essentielles, une langue maniaque et domptée qui ne cesse de s’étonner de voir passer à chaque repas le même menu amer et désenchanté.” Eric Pessan, écrivain.

Après avoir été enseignante à l’Université de Strasbourg et rédactrice au Théâtre  National de Strasbourg, Magali Mougel se consacre depuis 2014 à l’écriture pour le théâtre et accompagne régulièrement des jeunes écrivains et dramaturges à l’Institut littéraire de Bern (Suisse) ainsi qu’à l’ENSATT où elle a suivi sa formation entre 2008 et 2011.

Ses textes ont été mis en scène entre autres par Jean Pierre Baro, Anne Bisang, Delphine Crubézy, Philippe Delaigue, Michel Didym ou Eloi Recoing.

Depuis 2011, parce qu’elle est persuadée que la place de l’écrivain.e/dramaturge est avant tout dans le théâtre, au coeur du processus de création, entouré.e pour écrire des équipes artistes, elle collabore avec nombreuses compagnies et théâtres, et elle se prête régulièrement à l’exercice de la commande d’écriture. Elle écrit entre autres, en 2015-2016, pour Johanny Bert (CDN de Montluçon- Festival Odyssées en Yvelines) Elle pas princesse Lui pas héros, pour Simon Delattre (RodeoThéâtre) Poudre Noire, pour Olivier Letellier (Théâtre du Phare) Je ne veux plus et pour Baptiste Guiton (Théâtre Exalté) Cœur d’acier.

Depuis 2015, elle ouvre de nouveaux champs de collaboration, d’abord en tant que collaboratrice artistique pour la Compagnie EXIT avec la metteuse en scène Hélène Soulié ou d’expérimentation poétique et plastique avec le sculpteur de masque Etienne Champion et la metteuse en scène Catherine Javaloyès (Compagnie Talon Rouge) ou la chorégraphe Aurélie Gandit (Compagnie La brèche) et poursuit sa collaboration avec Baptiste Guiton sur les ondes de France Culture avec le projet Le bruit des taupes.

Ses textes Erwin Motor, dévotion (finaliste du Grand prix de littérature dramatique 2013), Guerillères ordinaires, Suzy Storck (finaliste du Grand prix de littérature dramatique 2014), Penthy sur la Bande, The Lulu Projekt sont édités aux Editions Espaces 34 et Elle pas Princesse, Lui pas Héros aux Editions Actes Sud – Heyoka Jeunesse. Beaucoup d’entre eux ont fait l’objet de traduction vers l’allemand (Erwin Motor, dévotion et Suzy Storck), l’anglais (Erwin Motor, dévotion et Suzy Storck), l’espagnol (Erwin Motor, dévotion) et l’italien (Suzy Storck et The Lulu Projekt).

En 2017/2018, elle est écrivaine associée aux Scènes du Jura et rejoint le collectif artistique du Théâtre de Sartrouville – Centre dramatique National.

THE LULU PROJEKT
Lulu n’est pas un ado comme les autres, sans doute parce qu’il vit de l’autre côté d’un mur, dans une tour au milieu des champs, avec une mère qui a du mal à l’accepter tel qu’il est et qui idolâtre sa sœur. Le rêve de Lulu ? Devenir une star du rock ou du punk, ou faire comme Valentina Terechkova : partir à la conquête de l’espace et des étoiles. Mais Lulu doit passer des tests scolaires qui décideront de son avenir. Et l’avenir qui lui est proposé ne l’enthousiasme guère ! Alors, avec Moritz, son copain mal voyant, Lulu s’échappe dans des rêves, traversés d’extraterrestres bienveillants, où il serait possible de tout reprendre à zéro. Les deux amis réinventent un monde à la mesure de leur imaginaire et de la cécité qui gagne Moritz quand survient, comme tombée du ciel, une jeune fille improbable. Magali Mougel trace le portrait d’un adolescent qui, à sa manière, et quitte à être mis au ban de la normalité sociale, détourne l’ordonnance imposée dans une fuite en avant émancipatrice et libertaire.

PENTHY SUR LA BANDE
C’est une histoire qui se raconte les soirs de fête quand il y en a un qui a trop bu et que tout dérape. Les filles et les garçons porteraient des vêtements désuets, d’un autre temps. Au loin, s’élèverait une musique sublime, genre Blasmüsik, car il y a quelque chose de sublime dans la fanfare.
Ce serait l’été.
La fête aurait lieu là-bas au milieu de rien comme il est coutume pour faire la fête.
Mais ce n’est pas ce qui va se passer. Il n’y aura plus que les traces d’une fête qui fut et qui ne sera plus jamais. D’une fête trouée, saccagée par des bâtes qui volent, des têtes qui claquent et un visage qui surgit soudain. Tu reconnais ton frère, tu reconnais ton fils, tu reconnais ton amant. Et pendant ce temps, ailleurs, un homme est victime d’une battue organisée par des villageois, une amazone voit son sein perforé par la lance d’un ennemi, une adolescente boit de la bière dans une cave tandis qu’une autre découvre L’Éthique d’Alain Badiou : ce sont les décombres sur lesquels le chœur doit marcher pour énoncer cette histoire.

Erwin Motor/Devotion
Erwin Motor est une petite entreprise de sous-traitance automobile. Y est employée, la nuit, sur une chaine de montage, la jeune Cécile Volanges, ouvrière modèle dont l’obstination et la fierté se heurtent à l’incompréhension de son mari.
A l’usine, cependant, un homme veille au bon déroulement des tâches, Monsieur Talzberg. Il surveille ses ouvrières de près, voire de trop près, par des moyens qui lui sont propres.
En effet, tandis que la directrice d’Erwin Motor, Madame Merteuil, agite la menace d’une délocalisation, comment agir sur la baisse de production ? Où chercher le coupable ? Ou plutôt la coupable.
Et l’étau se ressert autour de Cécile – une nouvelle forme de liaison dangereuse.

Suzy Storck
Suzy Storck mène une vie ordinaire dans une petite maison avec mari et enfants. Elle ne travaille plus pour s’occuper du dernier, suspend le linge, veille au bon fonctionnement des journées.
Mais un soir d’été, quelque chose dérape. Suzy, sous le poids de la chaleur, sous le poids des gestes répétés, sombre. Un moment d’inattention qui la conduit à visiter son passé, à prendre conscience de ses renoncements, à formuler son incapacité à vivre selon ses vrais désirs. Et elle cède à ce que cela implique.
Par une chronologie bouleversée, Suzy Storck reconstitue le drame d’une femme niée en tant que personne dont la seule issue s’avère tragiquement inhumaine.

The Lulu Projekt
Lulu n’est pas un ado comme les autres, sans doute parce qu’il vit quelque par à l’Est, quelque part de l’autre côté d’un mur, dans un immeuble délabré au milieu des champs.
Son rêve ? Devenir une star du Rock ou du Punk ou faire comme Valentina Terechkova : partir à la conquête de l’espace et des étoiles. Seulement, il n’en sera pas ainsi. Échouant aux tests scolaires qui doivent définir son avenir professionnel, Lulu va finir dans une section pour personne en situation de handicap et travaillera à l’usine, puis pour un jardinier-paysagiste. Lulu devient alors celui qui déçoit, notamment sa mère qui n’arrive pas à se faire aux échecs de son fils. Pour fuir le monde du travail, Lulu se lie d’amitié avec Moritz, un jeune garçon mal voyant. Ensemble, ils s’inventent un autre monde où, grâce à la force de leur imaginaire et l’aide potentielle des extraterrestres, il serait possible de tout reprendre à zéro. Au moment où leurs tentatives vont partir en fumer, la rencontre de Lulu avec une jeune fille tombée du ciel va alors lui ouvrir les portes d’un nouvel horizon.